Personne n’a jamais voté pour ce nom, aucun comité n’a planché sur la question, et pourtant, partout sur la planète football, la Belgique porte un surnom devenu légende. Il s’est imposé sans crier gare, transmis de génération en génération, jusqu’à devenir une évidence dans la bouche des supporters et des commentateurs.
Au commencement, l’expression “Diables Rouges” surgit presque par hasard. Nous sommes en 1906 : la Belgique vient de battre les Pays-Bas et la presse s’enflamme. Pierre Walckiers, plume respectée de la Vie Sportive, décrit alors des joueurs “aussi rapides que des diables”, entraperçant dans le rouge éclatant de leurs maillots une image qui va marquer l’histoire. Pas de plan de communication, pas de campagne officielle : le sobriquet s’infiltre dans les conversations, puis s’installe dans les journaux. Il ne les quittera plus.
Ce surnom s’enracine dans le passé sportif du pays et dans l’attachement à ce rouge vibrant, choisi dès les premiers matchs pour mieux affirmer la singularité de l’équipe. Assez vite, la formule franchit les frontières du royaume, se glissant dans le vocabulaire du football mondial. La Belgique ne cherche pas un nom : elle l’incarne.
Pourquoi la Belgique est-elle surnommée les Diables rouges ?
Le surnom de la Belgique au foot n’a jamais eu besoin de forcer le destin. Il trouve sa source dans une description de Pierre Walckiers, journaliste à la Vie Sportive en 1906, qui raconte la victoire contre les Pays-Bas. Ses mots, “rapides comme des diables”, résonnent d’autant plus fort que ces joueurs portent un maillot rouge vif, couleur impossible à ignorer sur le terrain. Dès lors, l’appellation Diables rouges s’invite dans l’imaginaire collectif et s’y installe durablement là où d’autres nations testent parfois plusieurs sobriquets sans jamais les ancrer.
Le choix de la couleur du maillot ne doit rien à la chance. Dès les débuts, le rouge s’impose comme symbole fédérateur, signature visuelle d’une équipe nationale de football désireuse de s’affirmer. Presse comme public valident la trouvaille, qui traverse d’ailleurs les langues : “Diables rouges” devient “Rode Duivels” du côté flamand, effaçant les clivages linguistiques le temps d’un match.
Ce qui distingue la Belgique, c’est l’universalité de son surnom. Aucun autre pays n’a su fédérer autour d’une telle formule, à la fois clin d’œil à la couleur du maillot et hommage à une équipe réputée imprévisible, capable de renverser les pronostics. Pour les Belges surnommés Diables Rouges, joueurs et supporters partagent bien plus qu’un nom : ils héritent d’un récit, d’une identité forgée au fil du temps, transmise d’une génération à l’autre.
Un surnom chargé d’histoire : retour sur ses origines et ses significations
Avant que le terme Diables Rouges ne s’impose définitivement, la sélection belge a connu d’autres appellations. Au début du XXe siècle, l’équipe a porté des maillots blancs, d’où le surnom éphémère de Diables Blancs. Autour de 1904-1905, certains matchs disputés avec une tunique foncée donnent naissance à l’expression Diables Noirs, qui ne survivra pas au retour du rouge flamboyant.
Parmi les figures qui ont inspiré la légende, impossible de passer sous silence Camille Jenatzy, pilote automobile surnommé “le Diable Rouge”. Sa réputation de casse-cou, alliée à la couleur de ses bolides, a marqué l’imaginaire collectif et offert un pont inattendu avec le monde du football. Lorsque Pierre Walckiers forge le surnom des footballeurs, il ne fait que prolonger cette filiation entre vitesse, audace et rouge éclatant.
Dans les années 1970, le passage de Raymond Goethals à la tête de l’équipe nationale assoit définitivement le surnom. Désormais, “Diables Rouges” et “Rode Duivels” résonnent dans tous les stades du pays, rassemblant le nord et le sud derrière une bannière commune. La Belgique se dote alors d’une identité forte, mêlant courage, unité et une capacité à se réinventer sans renier son histoire.
Les moments forts qui ont forgé la légende des Diables Rouges
L’histoire des Diables Rouges s’est construite à travers des moments forts et des générations inoubliables. Dès 1904, la première sélection belge affronte la France. Un simple match nul, mais déjà la naissance d’un collectif qui cherche sa place.
En 1920, la Belgique accueille les Jeux olympiques à Anvers. L’équipe nationale décroche la médaille d’or, profitant d’un contexte politique agité. Mais au-delà du podium, c’est tout un peuple qui découvre la fierté de voir son équipe rejoindre les grands noms du continent.
Les années 1980 marquent une nouvelle étape. Demi-finalistes de l’Euro 1980, finalistes du Mondial 1986 face à l’Argentine de Maradona : sous la direction de Guy Thys, les Diables Rouges impressionnent par leur cohésion et leur audace. Les joueurs belges s’affirment, la réputation du collectif s’étend au-delà des frontières.
Le XXIe siècle voit éclore une génération dorée. L’épopée russe de 2018, avec une victoire marquante contre le Brésil et une demi-finale face à l’Équipe France, propulse le surnom de la Belgique au football au premier plan. À chaque tournoi, les Belges surnommés Diables Rouges confirment leur place dans le panthéon du foot européen.
Au-delà du surnom : l’impact des Diables Rouges sur l’identité belge et le football mondial
Les Diables Rouges incarnent aujourd’hui bien plus qu’un simple collectif sportif. À force de victoires et de récits partagés, ils ont offert à la Belgique un récit commun, un fil rouge capable de relier Bruxelles, Anvers, Liège et Gand. Le football mondial n’a pas seulement découvert une équipe, mais toute une communauté soudée autour d’un nom, d’une couleur et d’une histoire.
Des Jeux de 1920 aux campagnes mondiales récentes, chaque exploit a renforcé un sentiment d’appartenance rare. Le public belge s’est peu à peu reconnu dans cette tunique rouge, a trouvé dans le surnom Diables Rouges un cri de ralliement qui dépasse les frontières linguistiques et sociales. À chaque rendez-vous, la Belgique se rassemble derrière son équipe, portée par la même passion, la même ambition.
À l’international, la régularité et le style des Belges surnommés Diables inspirent le respect. Leur influence se mesure à leur capacité à imposer une identité de jeu, à exporter un modèle et à transmettre, match après match, une leçon d’audace et de solidarité. Les figures majeures issues de cette équipe nationale laissent leur empreinte, tout en éveillant l’envie de se dépasser chez les plus jeunes.
À chaque coup d’envoi, à chaque campagne internationale, la Belgique ne se contente plus d’être présente. Elle impose son rythme, son histoire et prolonge la légende d’un surnom gravé dans la mémoire du football mondial. Le rouge n’a pas fini de faire vibrer les stades ni d’unir un pays qui, le temps d’un match, ne fait plus qu’un.


