Comment l’Équipe de football italien prépare l’Euro 2026 ?

Trois Coupes du monde consécutives sans la Squadra Azzurra. Après l’élimination face à la Bosnie en barrages du Mondial 2026, l’équipe de football italien traverse sa pire période depuis l’après-guerre. La question n’est plus de savoir ce qui n’a pas fonctionné, mais comment la Nazionale compte se reconstruire pour peser de nouveau sur la scène européenne, en particulier à l’horizon de l’Euro 2032 que l’Italie doit co-organiser avec la Turquie.

Changement de sélectionneur et rupture tactique avec le passé

Quand on regarde la séquence Spalletti, le constat est net : le projet de jeu basé sur la possession n’a pas survécu au manque de profil adapté en sélection. Les résultats en barrages l’ont confirmé de façon brutale.

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La nomination de Gennaro Gattuso comme nouveau sélectionneur marque un virage assumé. Retour à une identité plus combative et intense, avec un travail ciblé sur la pression sans ballon et la densité défensive. On parle ici d’un changement de philosophie, pas d’un simple ajustement de système.

Concrètement, les premiers rassemblements sous Gattuso ont mis l’accent sur des séquences de pressing haut, des transitions rapides et un engagement physique accru. Les matchs amicaux programmés pendant la Coupe du monde 2026, comme celui face à la Grèce, servent précisément à tester ces principes dans un contexte compétitif, même sans enjeu de qualification.

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L'entraîneur de la Squadra Azzurra analyse sa feuille tactique en bord de terrain lors d'une séance de préparation pour l'Euro 2026

Joueurs italiens appelés : le choix du rajeunissement

Le sélectionneur a convoqué de nombreux jeunes pour les matchs de préparation de juin 2026. Ce n’est pas un hasard. Après trois échecs consécutifs en qualification pour le Mondial, la reconstruction passe par un renouvellement profond du groupe.

La logique est pragmatique : les cadres qui ont échoué en barrages n’offrent plus de garantie à moyen terme. Miser sur des joueurs évoluant en Serie A, qui ont accumulé du temps de jeu en club cette saison, permet de construire un noyau cohérent pour les qualifications de l’Euro 2028 puis le tournoi à domicile en 2032.

Ce que révèlent les amicaux de juin 2026

Jouer des matchs amicaux pendant que le reste de l’Europe dispute la Coupe du monde est une situation humiliante. La FIGC en a fait un levier. Ces rencontres servent de banc d’essai grandeur nature, avec une pression médiatique moindre qui laisse de la place à l’expérimentation.

Le match Grèce-Italie, diffusé en clair, a été présenté avec un vrai enjeu interne : valider ou éliminer des options tactiques avant la reprise des compétitions officielles. Les retours varient sur ce point, mais l’intention affichée par le staff est claire.

Crise des stades italiens et menace sur l’Euro 2032

La reconstruction ne se joue pas que sur le terrain. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a déclaré dans la presse italienne que l’Italie pourrait ne pas accueillir l’Euro 2032 à cause de ses stades vétustes.

Le constat est sévère. La plupart des enceintes italiennes datent de la Coupe du monde 1990. Les mises aux normes avancent très lentement, voire pas du tout dans certaines villes. En octobre 2026, l’Italie doit désigner cinq stades pour accueillir les matchs du tournoi. Onze villes sont candidates, mais plusieurs projets sont au point mort, notamment à Milan et à Rome.

  • Le stade de la Juventus, à Turin, est le seul unanimement reconnu comme répondant aux normes UEFA actuelles
  • Les projets de rénovation à Rome et Milan se heurtent à des obstacles administratifs et financiers majeurs
  • La FIGC travaille sur un plan global de modernisation des infrastructures, condition nécessaire pour maintenir la co-organisation avec la Turquie

Si l’Italie perd l’Euro 2032, la crise dépasse le cadre sportif. On entre dans un problème d’image nationale et de crédibilité institutionnelle du football italien dans son ensemble.

Un joueur de la Squadra Azzurra s'entraîne au contrôle de balle dans le centre d'entraînement moderne de l'équipe italienne pour l'Euro 2026

Réforme de la fédération italienne de football

L’élection de Giovanni Malagò à la présidence de la FIGC après le fiasco du Mondial 2026 s’inscrit dans cette logique de refonte. Le programme annoncé vise une reconstruction profonde du calcio, avec trois axes prioritaires.

  • Modernisation des centres de formation pour produire des joueurs adaptés au football européen actuel
  • Réforme structurelle de la gouvernance fédérale, jugée trop lente dans sa capacité de décision
  • Repositionnement de la Nazionale parmi les grandes nations européennes d’ici 2032

Ce dernier point n’est pas qu’un slogan. Il traduit une prise de conscience : le football italien ne peut plus se reposer sur son palmarès historique (quatre titres de champion du monde) pour justifier sa place au sommet. Le championnat de Serie A reste compétitif, mais la sélection nationale décroche depuis une décennie.

Le lien entre clubs de Serie A et sélection nationale

Un des problèmes structurels identifiés concerne le fossé entre le niveau des clubs italiens en Ligue des champions et les performances de la Nazionale. Les clubs investissent massivement dans des joueurs étrangers, ce qui réduit mécaniquement le temps de jeu des Italiens à haut niveau.

Former davantage de joueurs italiens capables d’évoluer au plus haut niveau suppose de revoir les quotas et les politiques de formation dans les académies. C’est un chantier de plusieurs années, pas un correctif applicable en une saison.

Calendrier de la Nazionale : les échéances concrètes à venir

La prochaine compétition officielle pour l’équipe d’Italie sera la Ligue des nations, puis les qualifications pour l’Euro 2028. Ces deux rendez-vous serviront de premiers tests grandeur nature pour le projet Gattuso.

L’Euro 2028, organisé au Royaume-Uni et en Irlande, représente l’objectif intermédiaire. Se qualifier serait déjà un signal de redressement après trois absences en Coupe du monde. L’Euro 2032 à domicile reste l’horizon final, celui où la Nazionale doit prouver que la page est tournée.

Le football italien a connu d’autres traversées du désert. Après le scandale du Calciopoli en 2006, la sélection avait pourtant remporté le Mondial la même année. La différence aujourd’hui, c’est que la crise est à la fois sportive, structurelle et infrastructurelle. La sortie de route prendra du temps, et les amicaux joués pendant que le monde regarde la Coupe du monde 2026 rappellent chaque soir l’ampleur du chemin à parcourir.

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